Ville de Dinant
Nouveau Décret  

 

En avril 2014, le nouveau décret des centres culturels a été promulgué par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Ses arrêtés d'application ont été votés. Ce nouveau décret régit donc aujourd'hui l'ensemble des 115 centres culturels de la FWB. Et même si une décision ministérielle fige à ce jour le processus de reconnaissance des nouveaux contrats-programmes, le travail réflexif de mise en place est bel et bien lancé dans de nombreux centres culturels.

Pourquoi un nouveau décret, le précédent datant de 1992? Au fil du temps, les termes de l'ancien décret ont perdu un sens partagé par tous. Cette disparition d'un référentiel commun a induit une dispersion dans l'action. Par ailleurs, la reconnaissance des centres culturels par la FWB s'est opérée en référence à des critères formels (institutionnels, juridiques, financiers) négligeant, petit à petit, l'analyse du projet culturel, de ses buts et modalités de mise en œuvre. De même, on constate, année après année, que l'importance donnée au classement par catégories a surdéterminé la reconnaissance. On a assisté à une course à la reconnaissance (et à l'augmentation de la subvention) plutôt qu'à une consolidation du projet culturel. L'absence de cartographie raisonnée ainsi que l'évolution du paysage culturel et des environnements institutionnel, social et économique ont achevé un certain détricotage. Tout cela a justifié la réflexion, puis l'élaboration du désormais nouveau décret.

Quelle est, brièvement, la philosophie du décret de 2014? Des convictions, d'entrée de jeu. Les centres culturels demeurent la pierre angulaire de la politique culturelle de la FWB. Ensuite, démocratisation de la culture (accès du plus grand nombre à la culture; culture pour tous) et démocratie culturelle (chaque être humain est porteur de culture, il lui revient de la mettre en œuvre; la culture de tous, par tous) restent au cœur de l'action. Il s'agit également de concrétiser, au bénéfice des citoyens, l'exercice réel du droit à la culture. Cette troisième conviction est une nouveauté. Que dit-on quand on dit droit à la culture? Synthétiquement, cela signifie la liberté de s'exprimer de manière créative, le droit de développer et de promouvoir les patrimoines et les cultures, le droit d'accéder à la culture, la liberté des appartenances culturelles et le droit de participer à la décision en matière culturelle. Avec cette reconnaissance des droits culturels, le législateur reconnaît l'évolution du temps, la mixité de plus en plus grande des populations (et des cultures qui leur sont propres) et insiste sur le vivre ensemble. Les opérateurs culturels seront dorénavant évalués essentiellement sur le contenu de leur action culturelle et non pas en tant qu'institution culturelle.

On le sait, chaque secteur d'activité, chaque métier utilise un vocabulaire propre pour déterminer ses objectifs et actions. En ce qui concerne les centres culturels, exit la distinction entre centre culturel local et régional. A ce niveau, les 115 centres culturels reconnus en FWB sont sur le même pied. Chacun devra remplir une mission de base (Action Culturelle Générale), développée sur un territoire que chacun précisera (le territoire d'implantation) et qui devra être au moins la commune sur laquelle le centre culturel se trouve. La mise en place du futur contrat-programme reposera sur une boucle procédurale (réalisée pour partie avec la population) dont les étapes, de même que l'ensemble de la démarche et de ses acteurs, seront présentés ultérieurement.

Le nouveau décret introduit ainsi un ensemble de concepts innovants dont le but ultime est bien de rendre la culture présente au plus près de la population et au plus grand nombre.