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Nouveau Décret  

Droits Culturels? Quèsaco?

 

Il y a nos droits, qu'il est rarement utile de nous rappeler. Il y a nos devoirs, parfois égarés dans un coin de notre mémoire. Dans le cadre de la mise en place du nouveau décret des centres culturels, une référence brille au pinacle des argumentaires et des procédures: celle qui fonde le travail futur des centres culturels, la référence aux droits culturels ou droits à la culture.

On parle de droit en matière de culture à différents moments de notre histoire européenne, belge et communautaire. En 1831, la Constitution belge, en son article 23, parle de "l'épanouissement culturel et social". Sans plus. La Déclaration Universelle des Droits Humains (1948) mentionne, en son article 22, que "toute personne est fondée à obtenir la satisfaction de droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité", tandis que l'article 27 ajoute "toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle". C'est en 1950 que le Conseil de l'Europe rend ces droits contraignants.

Un changement important se fait jour, en 2007, avec la Déclaration de Fribourg sur les Droits Culturels. Elle promeut la protection de la diversité et des droits culturels au sein du système des droits de l’homme. Elle est le fruit d’un travail de 20 années d’un groupe international d’experts, connu sous le nom de Groupe de Fribourg, coordonné par Patrice Meyer-Bisch. Cette déclaration rassemble et explicite les droits culturels qui sont déjà reconnus, mais de façon dispersée, dans de nombreux textes internationaux. Selon le Groupe de Fribourg, les droits culturels sont l'expression de la dignité de la personne humaine. La culture devient dès lors l'expression de notre humanité. Il n'y a, en effet, pas d'humanité sans expression de celle-ci.

Quel lien, direz-vous, avec le quotidien d'un centre culturel? La Déclaration de Fribourg donne une tonalité particulière à la définition de la culture telle que le législateur entend qu'elle soit comprise par les rédacteurs des futurs contrats-programmes des centres culturels et rendue accessible au plus grand nombre. La culture, ce sont en effet "les valeurs, les croyances, les convictions, les langues, les savoirs et les arts, les traditions, institutions et modes de vie par lesquels une personne ou un groupe exprime son humanité ainsi que les significations qu'il donne à son existence et à son développement".

Soyons clairs. Un centre culturel n'est pas un grossiste en droits culturels. Il est plutôt un détaillant, le magasin de proximité, la boutique du quartier. C'est en ce sens que le nouveau décret veut voir menée la réflexion des centres culturels alors qu'ils rédigent leur nouveau contrat-programme et déterminent les grandes lignes de leur action culturelle. Etre suffisamment proche de la vie locale afin de la rejoindre au mieux à travers une offre de compétences, de connaissances, d'idées, d'actions,… Il s'agira en fait d'être au cœur de la vie par une proposition diverse, accessible au plus grand nombre dans l'écoute réaliste de la diversité des rêves, des projets, avec enthousiasme et un maximum de professionnalisme.

Toutes et tous seront d'accord pour affirmer qu'aujourd'hui l'urgence est là, et bien là, en matière de citoyenneté, de vivre ensemble, de respect de la personne et de sa singularité. C'est à ce défi que veulent répondre les droits culturels qu'avec Céline Romainville, on résumera de la sorte: le droit à la liberté artistique (le droit de créer, de diffuser sans entraves ses créations et d’avoir accès aux médias de diffusion); le droit au maintien, à la sauvegarde et à la promotion de la diversité culturelle; le droit d’accès à la diversité de la vie culturelle; le droit de participer à la vie culturelle (et à sa diversité); le droit au libre choix (le droit de participer ou non à la culture); le droit de participer à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques culturelles; le droit à la non-discrimination dans l’exercice du droit de participer à la vie culturelle.

Et comme la citoyenneté suppose la connaissance, gageons que ces quelques lignes auront rendu le lecteur plus citoyen encore.